Schizophrénie, la reconnaître

Schizophrénie

Cet article a pour but de montrer à quel point il peut être difficile de déceler la schizophrénie rapidement mais aussi les difficultés telles que l’anxiété et la dépression auxquelles le schizophrène peut se heurter.

2011

Tout commença un jour de lycée comme les autres.

J’étais en pause et attendait le cours de mathématiques au cours duquel j’allais recevoir les résultats du dernier contrôle.

J’avais de très bons résultats à l’époque.

Mais lorsque la sonnerie se fit retentir, je sentis comme le temps ralentir autour de moi, et ma respiration se faisant de plus en plus haletante.

C’est une fois rentré en classe et après avoir pris ma place que la crise d’angoisse survint malgré mon 16/20.

On m’emmena tout de suite à l’infirmerie pour me donner du rescue (fleurs de Bach) et faire de la respiration abdominale.

Ce n’était pas ma première crise d’angoisse, mais celle-ci fut la première à surgir dans un lieu public avec l’impression d’être en dehors du temps.

Un rendez-vous fut pris chez le médecin généraliste le soir même.

A l’époque, je n’assumais pas mon homosexualité et le sujet des garçons fut difficile à aborder, car comme chaque adolescent j’avais moi aussi mes peines de coeur et surtout des coups de coeur qui ne pouvaient aboutir.

Il me prescrit de l’homéopathie et un rendez-vous dans un centre médico-psychologique.

Le temps qui s’écoula avant le premier rendez-vous fut ponctué par de plus en plus de crises d’angoisse, toujours à l’école, puis dans les transports, et enfin à la maison.

J’étais épuisé par toutes ces crises et la phobie sociale qui s’était emparée de moi m’enfonça dans l’isolement et la dépression, mes camarades ne pouvaient le comprendre, l’image de tire-au-flanc qui venait en cours quand ça l’arrangeait me collait à la peau aussi bien chez les lycéens que dans l’équipe pédagogique.

Dès le premier rendez-vous chez la psychiatre, on me mit sous antidépresseur (Zoloft), et la spécialiste fit mon coming-out à ma place auprès de ma mère sous prétexte que l’homosexualité ne devait plus être tabou, mais elle était déjà plus ou moins au courant.

Je fus sous le choc, ainsi que ma mère qui essuya plusieurs larmes d’apprendre qu’il me fallait des médicaments, pour elle c’était impossible à arrêter.

Elle nous redirigea également vers un psychothérapeute très compétent qui n’avait rien avoir et était très à l’écoute.

Les semaines passèrent, sans amélioration notable, bien au contraire, je régressai, j’avais des idées noires, alors on me proposa une hospitalisation en clinique.

Le séjour dura un mois, au cours duquel on me prescrit des anxiolytiques (Atarax) et un protocole d’aménagement individuel fut mis en place pour les examens.

2012

L’hospitalisation ne fut pas efficace, je me mis à consommer de l’alcool avant les cours pour diminuer l’angoisse, et je prenais mes médicaments de manière irrégulière et “surdosée”.

C’est lors d’une journée du mondial des métiers où j’allai avec ma mère que nous découvrîmes un lycée plus adapté pour moi, une petite structure de 400 élèves au lieu de 1600, le feeling passa rapidement lors de la journée portes ouvertes et je changeai de lycée en cours d’année.

Mais dans ce lycée je rencontrai un nouvel ennemi : le cannabis.

Celui-ci annulait les effets de mon traitement, et accéléra les symptômes de ma pathologie, sans pour autant déclencher une schizophrénie suffisamment décelable.

2013

Après avoir doublé ma première, je fis une tentative de suicide.

Celle-ci se produisit un jour où je ne pus aller en cours.

Je me suis machinalement dirigé vers l’armoire à pharmacie pour la forcer et prendre tous les médicaments qui s’y trouvèrent : antidépresseurs, anxiolytiques, somnifères, anti-douleurs, anti-inflammatoires…

En l’espace d’un instant et sans réaliser la gravité du geste, je ne pris pas loin d’une centaine de comprimés différents qui m’envoyèrent directement aux urgences en soins intensifs.

Ce jour-là j’avais frôlé la mort dirent les médecins.

Je fis alors un deuxième séjour d’un mois en clinique où j’arrêtai tous les médicaments d’un coup et ce sans la moindre opposition du corps médical, sans se soucier du sevrage ou d’une décompensation.

C’est mon médecin généraliste qui prit le relais à partir de cette période-là.

Je redoublai alors ma première.

2014

J’obtins le BEP et passai en terminale, ce fut l’année la plus paisible depuis le début malgré l’absentéisme toujours aussi présent.

2015

J’obtins le Bac et passai en BTS.

C’est à partir de la gay pride que je me mis à faire des soirées régulières où je consommais alcool, cannabis, poppers, MDMA et cocaïne.

Je fus à maintes reprises récupéré par les pompiers à la sortie des boîtes.

J’emménageai dans une chambre étudiante pour limiter les trajets en transport en commun.

2016

Je fus hospitalisé en psychiatrie et je sorti contre avis médical.

Ceci déplu fortement à mon généraliste et causa une dispute avec lui.

Je rompis alors tout suivi et je changeai de médecin traitant.

J’abandonnai mon BTS pour me lancer dans un diplôme équivalent dans une autre école, sous forme de contrat professionnel.

C’est alors que je mis les pieds dans le monde de l’entreprise trois semaines par mois.

Je rencontrai un ami au même moment que mon embauche.

Je démménageai dans un appartement pour me rapprocher de mon lieu de travail et limiter une fois de plus les trajets en transport en commun.

Je consommais excessivement de cannabis, et je fus arrêté très souvent.

Les moqueries au centre de formation entraînerent de nouveau de l’absentéisme.

2017

C’est alors que mon médecin me prescrit pour la première fois un neuroleptique, le Zyprexa.

Celui-ci me fit prendre trente kilos.

Ne supportant plus l’ambiance au travail, je fis une rupture de mon CDD pour trouver un travail ailleurs.

2018

J’obtins une place dans une autre entreprise, mais à la suite de harcèlement de la part du directeur, je mis fin à la formation initiale de trois mois.

J’augmentai de façon exagérée la consommation de cannabis.

Après deux ans de non suivi, je repris contact avec mon psychothérapeute qui me recommanda une nouvelle psychiatre.

Elle me prescrit à la place du Zyprexa, du Solian et du Tercian.

J’arrêtai le cannabis en parallèle.

La psychiatre fit une étude beaucoup plus approfondie de mon lourd dossier médical erratique et à la suite d’une nouvelle hospitalisation de deux semaines au sein de sa clinique, elle me diagnostiqua schizophrène.

Lors de l’hospitalisation on me prescrit de l’Abilify.

Contrairement à beaucoup de schizophrènes, je n’ai pas d’hallucinations ou de délires (symptômes positifs), je souffre principalement de symptômes négatifs tels que l’apragmatisme, l’émoussement affectif et le repli social ; ainsi que de désorganisation, tel que la dissociation.

Conclusion

C’est une fois le bon diagnostic posé que l’on peut commencer à soigner efficacement la maladie, grâce à un bon traitement, et un suivi régulier notamment en hôpital de jour ou dans un centre de réhabilitation.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *